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Reconversion préparatrice en pharmacie vers infirmière : témoignages francs de celles et ceux qui ont franchi le cap

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Fabrice Henry

Auteur du livre "réussir en silence" et enseignant depuis 5 ans

Table des matières

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La reconversion d’un préparateur ou pharmacien en officine vers le métier d’infirmier est un sujet sensible, souvent débattu, rarement éclairé par des témoignages concrets. Ayant accompagné plusieurs professionnels de santé en questionnement professionnel, je vous partage ici leurs récits, sans filtre, pour aider à mieux comprendre ce choix de changement de carrière. Si vous cherchez plutôt à vous reconvertir vers le métier de préparateur en pharmacie, je vous invite à lire cet article très complet à ce sujet.

Un ras-le-bol partagé sur l’évolution du métier de pharmacien

Doudou13 :

Je suis près de Nantes depuis 6 mois. Je ne trouve que quelques jours de remplacement par-ci par-là. Je vivote, mais je ne vis plus. Surtout, je ressens une profonde frustration : le métier de pharmacien devient de plus en plus commercial et déconnecté du médical. Je songe sérieusement à tout quitter pour devenir infirmière, même si c’est un retour à la case départ niveau diplômes.

Le ressenti de Doudou13 est loin d’être isolé. Beaucoup de pharmaciens se retrouvent en perte de sens, avec une profession en pleine mutation, souvent dictée par les logiques économiques du secteur officinal. Quand la motivation première était l’aspect médical, soignant, et que celui-ci disparaît, la reconversion devient une solution de survie émotionnelle et professionnelle.

La reconversion vers infirmier : un sentiment de régression ?

Un internaute sceptique :

Franchement, une reconversion infirmier (ou kiné), c’est frustrant. C’est comme un médecin qui deviendrait préparateur. Sur le plan hiérarchique, c’est une régression claire, idem pour le revenu et les responsabilités.

C’est un point de vue courant. Certes, la formation en pharmacie est longue (6 ans et souvent plus avec les DU), et se reconvertir dans une profession à « responsabilité inférieure », selon les schémas hiérarchiques médicaux, peut donner un sentiment de déclassement. Mais faut-il uniquement évaluer un choix de vie à l’aune du statut et du salaire ?

Doudou13 :

Je n’ai jamais exercé ce métier pour la reconnaissance sociale. J’aimais mon rôle quand il était encore ancré dans le soin. Je sais que je perds en statut, mais je gagne peut-être en proximité avec les patients, en sens, en concret. Et ça, ça n’a pas de prix.

Comparatif réaliste : pharmacien vs infirmier

Salaires : Un adjoint diplômé démarre souvent autour du coefficient 400-450, soit un salaire brut net de 2 300 à 2 700 €. Une infirmière débute à 1 900 € net dans le public, avec des primes de nuit ou de week-end, ce qui peut augmenter. Mais l’évolution est limitée, sauf si elle devient cadre, formatrice ou libérale.

Opportunités d’emploi : En 2024, on compte toujours plus d’opportunités localisées chez les infirmiers que chez les pharmaciens (notamment adjoints en officine). Les données de Pôle Emploi et de la DREES confirment l’attractivité de ce métier auprès des hôpitaux, EHPAD, centres de santé.

Alicia :

J’ai quitté l’officine car je travaillais 250 km par jour pour un coef 450. Mes jumeaux me coûtaient plus cher en nounou que ce que je gagnais. Mon mari ingénieur gagne deux fois plus sans avoir à faire de gardes ou de samedis. Résultat : j’ai démissionné et passé le concours infirmière.

Alicia illustre ici un aspect fondamental : l’équilibre vie pro/vie perso. Pour beaucoup de mères, de familles, la charge mentale et la précarité actuelle du métier d’adjoint sont incompatibles avec une vie familiale saine.

Des passerelles inexistantes : un frein majeur

Alicia :

Ce qui me dégoûte le plus, c’est qu’on n’a aucune passerelle. Même en médecine, il est possible d’intégrer en 2e ou 3e année selon les parcours. Pourquoi ce mépris envers notre diplôme ?!

Effectivement, à l’heure actuelle, il n’existe aucune équivalence officielle entre les modules de pharmacien et ceux d’IDE, malgré de nombreux recoupements en pharmacologie ou en anatomie. Tout pharmacien souhaitant devenir infirmier passe par Parcoursup et trois ans d’études complètes. Un non-sens pour certains, une réalité administrative pour d’autres.

L’opinion des confrères : entre soutien et conservatisme

Lavrille :

Si un pharmacien se sent l’âme d’un infirmier, je lui dis : fonce. Mais que ce soit pour de bonnes raisons. Si c’est juste pour fuir un mauvais patron ou une officine déceptive, cela me semble dommage.

Pharma-espoir :

Ne pas aimer son métier, c’est une chose. Mais déclarer qu’on n’est pas le partenaire du médecin, c’est du déni. Une reconversion, ça peut avoir du sens, mais attention à ne pas se tromper de combat.

Le débat reste vif. Si certain(e)s expriment du soutien, d’autres peinent à accepter ces choix de réorientation, les ramenant à un prisme hiérarchique ou économique. Mais c’est oublier que le sens, la reconnaissance, ou l’équilibre psychologique sont souvent de puissants moteurs.

Mon avis de coach en reconversion

J’ai accompagné plusieurs pharmaciens en reconversion. Le point commun de leur démarche ? Un profond besoin de retrouver du concret, du relationnel, de l’utile immédiat. Ce n’est pas une « régression », c’est une « transformation ».

Oui, cette transition peut faire peur. Oui, vous serez à nouveau étudiant(e), parfois en stage dans des situations inconfortables. Mais beaucoup trouvent une forme de renaissance une fois infirmiers diplômés. Plusieurs reviennent même en officine ensuite, enrichis de cette double compétence, plus confiants, plus autonomes, et mieux armés pour conseiller les patients.

Conclusion : une voie courageuse, pas une fuite

Reconvertir sa carrière de pharmacien vers infirmier est un choix qui demande réflexion et lucidité. Il ne s’agit pas d’une faillite mais de redonner du sens à sa mission de soignant. Les témoignages partagés ici montrent qu’il ne faut pas hésiter à parler, échanger, et surtout à écouter son intuition. Le respect de votre bien-être est tout aussi important que votre statut professionnel.

Et vous ? Avez-vous déjà envisagé cette transition ? Envisagez-vous une reconversion vers un métier de soin plus direct ? Parlez-en autour de vous, créez du lien – c’est peut-être le premier pas vers un nouveau départ.

Après une première expérience en pharmacie, la question de la reconversion peut se poser naturellement, surtout lorsque l’envie d’un métier plus proche du soin direct devient plus forte. Le passage vers le métier d’infirmière demande de la motivation, une vraie capacité d’adaptation et une bonne connaissance du quotidien hospitalier ou libéral. Avant de se lancer, pensez à comparer les débouchés, les formations accessibles et les secteurs où les besoins sont réels. Pour élargir votre réflexion, il est aussi pertinent de découvrir des métiers qui recrutent pour se reconvertir, afin de mesurer les opportunités existantes dans la santé, le médico-social ou d’autres domaines en tension. Cette étape permet de confirmer votre projet, d’éviter une décision précipitée et de construire un parcours cohérent avec vos compétences déjà acquises.

 

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