L’Université de Genève accueille chaque automne des milliers de nouveaux étudiants. Beaucoup choisissent le droit ou la médecine. Deux filières prestigieuses, deux promesses de carrière. Et deux premières années redoutées entre toutes. Cette réputation est-elle méritée ? Oui. Mais pas pour les raisons qu’on croit.
Un système ouvert, donc sélectif
Le modèle suisse repose sur un pari : l’entrée libre. Pas de concours d’admission, pas de sélection sur dossier. Tout titulaire d’une maturité peut s’inscrire. La sélection arrive plus tard, en fin de première année. Et elle frappe fort. En droit comme en médecine, une part importante des étudiants de l’UNIGE ne valide pas sa première session.
Le choc tient rarement au niveau des étudiants. Il tient au changement des règles du jeu. Au collège, l’élève travaille sous supervision : évaluations régulières, matière découpée, professeurs qui relancent. À l’université, plus rien de tout cela. Un semestre de cours, puis une session d’examens où tout se joue en quelques semaines.
En droit, la méthode avant la matière
Les étudiants de première année de droit butent moins sur le contenu que sur l’exercice. Résoudre un cas pratique ne s’improvise pas. Structurer un raisonnement juridique non plus. Beaucoup découvrent ces exigences le jour de l’examen. Trop tard. Les mieux préparés s’entraînent en amont sur des annales, avec correction. Certains se font accompagner pour réussir ses examens de droit à l’UNIGE : des juristes diplômés reprennent la méthode du cas pratique et de la dissertation juridique, exactement là où le cours magistral s’arrête.
En médecine, le volume avant tout
La première année de médecine pose un problème différent. La matière n’est pas conceptuellement hors de portée. Elle est massive. Anatomie, biochimie, physiologie, biophysique : des milliers de pages à assimiler en quelques mois. Sans stratégie, l’étudiant se noie. Réussir suppose de hiérarchiser, de planifier à rebours depuis la date d’examen, et de s’entraîner en conditions réelles sur des questionnaires types. Là aussi, l’accompagnement s’est professionnalisé. Des formateurs issus de la filière aident les étudiants à préparer les examens de médecine à l’UNIGE en travaillant précisément ces réflexes : tri de la matière, mémorisation active, gestion du temps d’épreuve.
Une seconde chance existe : la session d’août
Dernier point, souvent ignoré des familles : un échec en juin n’est pas une élimination. L’université organise une session de rattrapage à la fin de l’été. Six à huit semaines séparent les résultats de cette seconde chance. Ceux qui les utilisent pour corriger leur méthode — et pas seulement pour relire leurs notes — transforment souvent l’essai.
La première année à l’UNIGE fait peur, c’est vrai. Mais elle récompense moins le talent brut que l’organisation. Bonne nouvelle : l’organisation, ça s’apprend.



